Comment identifier un trouble de l’ovulation

🌿Quand l’ovulation se fait attendre

Quand un projet bébé tarde, beaucoup de femmes découvrent que l’ovulation n’est pas toujours régulière

  • Parfois elle se décale.
  • Parfois elle saute un cycle.
  • Parfois elle disparaît plusieurs mois.

Et très vite, une question surgit :
👉 « Est-ce que mon corps est en panne ? »

La réalité est souvent plus nuancée.

Oui, l’ovulation est centrale pour la fertilité.
Mais tous les troubles de l’ovulation ne se ressemblent pas, et surtout, ils n’ont pas tous la même signification ni les mêmes solutions.

Même en dehors d’un projet bébé, c’est une problématique qu’il faut considérer pour ta santé globale. L’ovulation est signe d’un bonne santé hormonale chez la femme.

👉 Certains troubles de l’ovulation correspondent à une panne, liée à une cause organique ou hormonale identifiée, qui nécessite une prise en charge médicale (même en dehors d’un projet bébé)
👉 D’autres troubles relèvent plutôt d’une pause, une mise en veille réversible, une fois toute cause organique éliminée.

Comprendre cette différence change profondément :

  • ton niveau d’inquiétude,
  • les décisions à prendre,
  • et la manière d’aborder ton projet bébé ou ta santé féminine globale.

Je ne le répèterai jamais assez

🧠 Pause ou panne : une clé de lecture essentielle

Avant d’entrer dans le détail, posons un cadre clair.

Un trouble de l’ovulation n’est jamais un diagnostic en soi.
C’est un symptôme qui doit être compris.

troubles de l'ovulation : déterminer l'origine pour savoir si panne ou pause.

🔧 La panne

👉 Il existe une cause médicale identifiée.
👉 Le système hormonal ne peut pas fonctionner normalement sans aide.
👉 Une prise en charge est nécessaire (traitement, substitution, AMP selon les cas).

⏸️ La pause

👉 Le système est fonctionnel, mais s’est mis en veille.
👉 Le corps estime que les conditions ne sont pas réunies.
👉 Cette situation ne peut être évoquée qu’après un bilan complet.

⚠️ Important

On ne parle de “pause fonctionnelle” qu’après avoir éliminé :

  • une cause hormonale,
  • une cause centrale (hypophyse),
  • une cause génétique ou ovarienne.

🔬Les troubles de l’ovulation liés à une panne

🌸Le SOPK (en quelques mots)

Le syndrome des ovaires polykystiques est la cause la plus fréquente de troubles de l’ovulation.

👉 Déséquilibre hormonal chronique
👉 Ovulations rares ou imprévisibles
👉 Cycles longs ou absents

🧭 Message clé
Le SOPK n’est pas une infertilité définitive mais reste néanmoins une maladie chronique qu’il est nécessaire de prendre en charge dans sa globalité.
Concernant l’ovulation c’est la panne la plus fréquente, améliorable par une prise en charge globale, et souvent avec un traitement simple pour déclencher l’ovulation, dès qu’il y a un projet bébé.

👉 Pour aller plus loin :
SOPK : tout savoir sur le syndrome des ovaires polykystiques

🩺 L’hyperprolactinémie : quand une hormone bloque tout

La prolactine est l’hormone de l’allaitement.
En dehors de ce contexte, un excès de prolactine bloque directement l’ovulation.

👉 Elle inhibe la sécrétion des hormones centrales (GnRH, LH, FSH)
👉 Résultat : ovulation absente, cycles anarchiques ou aménorrhée

Signes possibles :

  • absence de règles,
  • écoulement lacté au niveau des mamelons hors grossesse,
  • baisse de libido,
  • parfois maux de tête ou troubles visuels.

🧠 Origine

  • le plus souvent : adénome hypophysaire bénin,
  • parfois médicamenteuse.

🧭 Bonne nouvelle
👉 C’est une panne très souvent réversible.
👉 Un traitement médical permet, dans la majorité des cas, la reprise des ovulations et une grossesse spontanée. Certains traitements permettent même la disparition de l’adénome (micro-adénome).
👉🏻 Il est rarement nécessaire de réaliser une intervention chirurgicale pour enlever l’adénome hypophysaire sauf si son volume risque d’entrainer des complications en particulier sur la vision (macro-adénome).

🦋 Les troubles de la thyroïde

La thyroïde est comme une chef d’orchestre métabolique car les hormones thyroïdiennes ont des fonctions sur l’ensemble du corps.
Quand elle dysfonctionne, tout l’axe reproducteur peut être perturbé, avec ou sans trouble de l’ovulation évident. C’est pour cela que le dosage de la TSH (thyroïde stimulation hormone) doit être réalisé systématiquement, même si les règles sont régulières. Le dosage est recommandé également en cas de survenue de grossesse arrêtée.

  • Hypothyroïdie
    👉 insuffisance d’hormones thyroïdiennes (TSH haute). Se traduit par des signes tels que frilosité, fatigue, prise de poids, constipation, …
  • Hyperthyroïdie
    👉 excès d’hormones thyroïdiennes (TSH basse). Se traduit pas des signes tels que perte de poids, nervosité, insomnie, palpitations, diarrhée,…

🧭 Point clé
Une simple prise de sang permet le diagnostic.
Une fois la thyroïde équilibrée, l’ovulation reprend le plus souvent spontanément.

🚨L’insuffisance ovarienne prématurée (IOP)

C’est un point essentiel à distinguer.

👉 L’IOP correspond à une défaillance précoce du fonctionnement ovarien avant 40 ans.
👉 Les ovulations deviennent rares ou absentes.
👉 Le taux de FSH est élevée (> 50 UI/L), l’AMH très basse ou indétectable.

🧠 À ne pas confondre avec :

  • une baisse progressive liée à l’âge,
  • une simple irrégularité cyclique.

Causes possibles :

  • génétiques,
  • auto-immunes,
  • iatrogènes (chimiothérapie),
  • souvent idiopathiques c’est à dire qu’aucune cause n’est retrouvée (c’est souvent le cas d’anomalies génétiques qui n’ont pas encore été identifiées).

🧭 Message important
👉 Ce n’est pas une “pause”.
👉 C’est une panne durable du stock ovarien.

Dans ce cas, le rôle du médecin n’est pas de relancer l’ovulation, mais de :

  • remplacer hormonalement (pour la santé féminine et globale),
  • accompagner autrement le projet parental (don d’ovocytes, AMP).

🌱 Les troubles de l’ovulation liés à un hypogonadisme fonctionnel

⚠️ Cette partie n’est valable qu’après un bilan complet.

🔍Le préalable indispensable : éliminer une cause organique

Avant de parler d’hypogonadisme fonctionnel, il est impératif d’avoir :

  • un bilan hormonal complet,
  • une IRM hypophysaire si nécessaire,
  • une exploration génétique si le contexte le suggère.

👉 Ce n’est qu’en l’absence d’anomalie organique que l’on peut poser ce diagnostic.

Ovulation chez la femme

⏸️ L’hypogonadisme fonctionnel : quand le système se met en veille

On parle d’hypogonadisme hypogonadotrope fonctionnel lorsque

  • toutes les structures internes sont intactes mais
  • le cerveau réduit les signaux hormonaux,
  • sans maladie structurelle,
  • sans que cela soit « volontaire ».

👉 Le système fonctionne, mais choisit de ralentir.

😮‍💨 Le stress chronique

Le stress chronique agit directement sur les hormones de l’ovulation.

👉 La réponse du cerveau au stress génère des neuromédiateurs qui diminuent la sécrétion de GnRH (signal du cerveau pour faire fonctionner l’hypophyse qui elle-même sécrète les hormones FSH et LH pour faire travailler les ovaires)
👉 L’ovulation se met en pause

Un corps sous stress priorise la survie, pas la reproduction.
Ce mécanisme est biologique, pas psychologique.

⚖️ Le poids et les apports énergétiques

  • restriction alimentaire,
  • perte de poids très rapide (par exemple après chirurgie de l’estomac),
  • ou à l’inverse surcharge pondérale importante ou situation d’obésité.

👉 Le message envoyé au cerveau est le même :
« Les conditions ne sont pas favorables »

Résultat : hypogonadisme fonctionnel, réversible avec du temps, pour retrouver un bon équilibre.

🏃‍♀️Le surentraînement et l’épuisement

Sport intensif + récupération insuffisante = signal d’alerte.

👉 Le corps coupe ce qui n’est pas vital.
👉 L’ovulation passe au second plan.

Comment le surentrainement peut impacter ton ovulation.

Ceci est très fréquent chez les femmes exigeantes, performantes, engagées comme les sportives de haut niveau mais pas que.

🔍 Comment faire la différence, concrètement ?

👉 Quelle durée

  • trouble transitoire → plutôt pause
  • persistant > 3–6 mois → bilan approfondi

👉 quel est le contexte

  • stress, amaigrissement, surmenage → fonctionnel possible
  • symptômes endocriniens → panne à rechercher

👉 Le bilan médical
Il est indispensable, c’est lui qui tranche, pas l’intuition.

🌿 Ce que je veux que tu retiennes

✨ Tous les troubles de l’ovulation ne sont pas une panne.
✨ Toutes les pauses ne doivent pas être banalisées.
✨ Le bon diagnostic précède toujours la bonne solution.

Comprendre, c’est déjà reprendre du pouvoir.

Ton corps n’est pas défaillant.
Il parle.
Encore faut-il apprendre à l’écouter avec les bons outils.

📚 Pour aller plus loin (références scientifiques)

Le SOPK, 80% des ovulations capricieuses

Une revue médicale de 2015 confirme que le syndrome des ovaires polykystiques représente jusqu’à 80% des infertilités par anovulation
. En clair, le SOPK est la première cause des troubles de l’ovulation. La bonne nouvelle, c’est que des mesures hygiéno-diététiques (perte de poids modérée, activité physique) améliorent significativement la situation, et des traitements comme le clomifène permettent de relancer l’ovulation dans la plupart des cas.
Lien vers l’article

Stress, exercice, poids : l’aménorrhée fonctionnelle

Un article de synthèse de 2022 explique que l’aménorrhée hypothalamique fonctionnelle est la cause la plus fréquente d’aménorrhée secondaire chez la femme.
Elle résulte d’un stress physique ou psychologique, d’une diminution des apports caloriques, d’un exercice excessif, ou d’un combo de ces facteurs. Ces stress chamboulent la sécrétion pulsatile de GnRH et bloquent l’axe ovarien. Le traitement consiste avant tout à éliminer les facteurs déclenchants (reprendre du poids, réduire le stress…), ce qui permet souvent un retour à la normale du cycle.
Lien vers l’article

Trop de prolactine, ovulation bloquée

Des travaux de recherche (2012) ont montré que l’hyperprolactinémie est l’une des causes majeures d’anovulation hypothalamique, et donc d’infertilité, chez les femmes en âge de procréer.
La prolactine en excès inhibe la libération de GnRH et empêche l’ovulation. Les chercheurs soulignent qu’en rétablissant un taux normal de prolactine (par des traitements dopaminergiques), on peut restaurer les cycles ovulatoires et la fertilité de ces patientes.
Lien vers l’article

Poids et fertilité : l’impact du mode de vie

Une revue systématique de 2023 sur infertilité et surpoids a montré que l’obésité féminine perturbe l’ovulation en causant des désordres hormonaux (insuline, androgènes…).
La bonne nouvelle : une perte de poids modérée améliore nettement le pronostic reproductif. Les auteurs soulignent qu’un programme de mode de vie (alimentation équilibrée + exercice adapté) multiplie par plus de 10 les chances de retrouver une ovulation régulière et d’obtenir une grossesse par rapport à l’absence de prise en charge.
En clair, retrouver un poids de forme peut relancer la machine ovarienne chez beaucoup de femmes en surpoids.
Lien vers l’article

Le stress chronique, ennemi discret de l’ovulation

Une étude prospective (National Institute of Health, 2015) a suivi 259 femmes sans problème de fertilité et a trouvé que celles qui rapportaient un haut niveau de stress quotidien avaient 2 fois plus de risques d’avoir des cycles anovulatoires que les femmes peu stressées.
Pour chaque palier de stress en plus, le risque d’anovulation augmentait de 70%. Cette étude souligne donc l’impact concret du stress psychologique sur le fonctionnement du cycle, même chez des femmes a priori en bonne santé.
Un appel à prendre soin de son mental pour préserver sa fertilité !
Lien vers l’article

Thyroïde et fertilité

Les troubles thyroïdiens influencent directement l’ovulation ; leur correction restaure souvent la fertilité. Ils impactent également d’autres fonctions liées à la fertilité chez la femme et également la fertilité de l’homme. Lien vers l’article

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