Comment ne pas opposer Fertilité naturelle et AMP

Il m’arrive d’entendre des patientes dire : « Si je dois en arriver à la FIV, c’est que j’ai échoué. »
Ce sentiment d’échec, je le comprends et je l’ai rencontré chez de nombreuses femmes en parcours de fertilité. Peut-être te reconnais-tu dans cette pensée.
Aujourd’hui, j’aimerais t’apporter un autre regard.
Et s’il ne fallait pas opposer fertilité « naturelle » et aide médicale (AMP) ?
Et s’il était possible de les envisager comme deux alliés ayant chacun leur place dans ton projet bébé ?
En tant que gynécologue, fidèle à l’esprit du site GynécoLibérée, fait d’information, je te propose d’explorer pourquoi recourir à la PMA n’est ni un échec ni une trahison de ton corps, et comment une approche globale peut au contraire maximiser tes chances.

Recourir à l’AMP, ce n’est pas « échouer »

Avant toute chose, il faut démystifier l’idée que s’orienter vers l’Assistance Médicale à la Procréation (AMP, aussi appelée PMA) serait un aveu d’échec.
👉Tu n’échoues pas, tu mets simplement toutes les chances de ton côté.

L’infertilité est bien plus courante qu’on ne le pense : l’Organisation mondiale de la Santé estime que près d’1 personne sur 6 dans le monde connaîtra des difficultés à concevoir au cours de sa vie.
En France, cela se traduit par des milliers de couples qui consultent chaque année pour infertilité, et plus de 25 000 bébés naissent annuellement grâce à l’AMP (
↪️ 4% des naissances en 2023 soit 1 naissance sur 24, plus d’1 enfant par classe. Oui j’insiste pour bien comprendre que ce n’est pas rare.
Autrement dit, tu es loin d’être seule dans ce parcours, et le recours à la médecine reproductive est quelque chose de relativement courant et maîtrisé.

Malgré cela, le sentiment de honte ou de culpabilité est fréquent chez les femmes qui éprouvent des difficultés à concevoir.
La pression sociale (et souvent auto-infligée) d’être « naturellement » mère peut être immense.
Des études ont d’ailleurs documenté que l’infertilité s’accompagne souvent d’un stigmate intérieur : les femmes touchées parlent de sentiment de honte, de dévalorisation de soi et du besoin de cacher leur situation.

👉 Si tu ressens cela, j’aimerais te dire très clairement : tu n’as pas à avoir honte.
Le fait de devoir envisager une aide médicale ne remet pas en cause ta féminité, ni votre valeur, à toi et à ton/ta partenaire. Tomber enceinte n’est pas qu’une simple question de volonté ou de « performance » personnelle – c’est un miracle biologique qui parfois nécessite un petit coup de pouce technique.

Au fil de mes consultations, j’ai vu des patientes pleines de détermination culpabiliser inutilement à l’idée
de « renoncer » à la voie naturelle.
C’est pour cela qu’il est temps de changer de perspective : recourir à l’AMP n’est pas un échec mais une opportunité.
C’est la chance de bénéficier des avancées médicales quand on en a besoin, tout en continuant à respecter son corps et son désir profond d’enfant.
L’AMP ne s’oppose pas à ton parcours, elle l’enrichit d’une option supplémentaire.
En ouvrant la porte de la PMA, tu ne refermes pas celle de la fertilité naturelle – tu t’offres juste une voie de plus vers la maternité, sans te fermer aucune porte.

Fertilité naturelle vs. AMP : deux approches complémentaires, pas ennemies

On a souvent tendance à dresser un faux duel entre les méthodes de fertilité naturelle et la procréation médicalement assistée. Pourtant, ce ne sont pas deux camps qui s’affrontent, mais bien deux approches qui peuvent se compléter harmonieusement selon ton histoire et tes besoins.

J’aimerais ici te montrer que chacune a ses atouts – et qu’en réalité, elles travaillent mieux main dans la main que dos à dos.

Ne pas opposer fertilité naturelle et AMP

Les atouts d’une approche « naturelle »

Lorsque je parle de fertilité naturelle, j’englobe tout ce qui relève des méthodes non-invasives et du respect du fonctionnement spontané de ton corps. Cette approche présente plusieurs avantages :

  • Respecter le rythme de ton corps : Tu apprends à connaître tes cycles, à identifier ta période fertile, éventuellement à utiliser des méthodes comme la symptothermie. Cela te permet de rester à l’écoute de tes sensations et de ton horloge biologique.
  • Améliorer ta santé globale : En misant sur le naturel, tu vas souvent adopter une meilleure hygiène de vie (alimentation équilibrée, réduction du stress, activité physique modérée). Ces changements profitent non seulement à ta fertilité, mais aussi à ta santé en général – tu te mets dans les meilleures dispositions pour accueillir une grossesse. Je t’invite à consulter cet article
  • Implication et empowerment : Cette démarche te donne un rôle actif. Tu n’es pas juste « patiente » en attente d’un traitement, tu deviens actrice de ton projet bébé. Pour beaucoup de femmes, c’est gratifiant et rassurant de se dire qu’elles optimisent tout ce qu’elles peuvent par elles-mêmes.
  • Moins de médicalisation : Pas de traitements lourds ni d’actes invasifs dans un premier temps. Psychologiquement, certaines préfèrent épuiser les solutions douces avant de passer aux techniques médicales. Cela peut éviter le stress initial lié aux protocoles médicaux et leurs effets secondaires potentiels.

En résumé, l’approche naturelle prône une certaine patience et un respect du corps.
Elle est idéale quand rien ne presse trop (par exemple si tu es encore jeune ou sans pathologie majeure identifiée) et que tu souhaites tenter de concevoir dans l’intimité de ton couple pendant un temps. Même en parallèle d’une AMP, garder ces bonnes pratiques naturelles constitue un terrain fertile au sens propre comme figuré.

Les atouts de l’AMP (Assistance Médicale à la Procréation)

Face à cela, qu’apporte l’AMP ? Les techniques de procréation assistée regroupent notamment les inséminations artificielles, la fécondation in vitro (FIV) avec ou sans ICSI, le don de gamètes, etc.
L’AMP est parfois perçue comme « la solution de la dernière chance », mais ce n’est pas rendre justice à tout ce qu’elle peut offrir.

Voici quelques-uns de ses atouts majeurs :

  • Contourner les obstacles médicaux : L’AMP permet de répondre à des problèmes que la méthode naturelle ne peut pas surmonter. Par exemple, en cas de trompes bouchées, d’endométriose sévère, de très faible réserve ovarienne ou de spermatozoïdes peu nombreux, la FIV ou l’insémination offrent une possibilité de conception là où les rapports naturels avaient très peu de chances d’aboutir. C’est une véritable prouesse scientifique qui bypasse les barrières physiques.
  • Gagner du temps quand c’est nécessaire : Pour les femmes de plus de 38-40 ans notamment, le temps est un facteur crucial. L’AMP peut accélérer le processus de conception en optimisant chaque cycle (on peut par exemple féconder plusieurs ovocytes en même temps en FIV). Si tu as déjà beaucoup attendu, ou que tes résultats montrent qu’il vaut mieux agir vite, la PMA maximise les chances par unité de temps.
  • Encadrement médical et taux de réussite connus : S’engager en AMP, c’est être entourée d’une équipe médicale pluridisciplinaire (gynécologues de la reproduction, biologistes, sages-femmes spécialisées, psychologues…). Tu n’es plus seule dans ton coin à espérer ; chaque étape est suivie, mesurée. On connaît les taux de réussite moyens selon ton âge et ta situation, ce qui permet d’avancer en connaissance de cause. Il y a un côté rassurant à avoir un plan d’action concret et encadré.
  • Innovation et options variées : La médecine de la fertilité évolue constamment. Techniques de stimulation améliorées, méthodes de sélection des embryons, optimisation de la phase lutéale, etc. En entrant en parcours AMP, tu bénéficies des dernières avancées scientifiques adaptées à ton cas. Par exemple, on peut congeler des embryons pour augmenter les chances sur plusieurs cycles, recourir à un don d’ovocytes si besoin, etc. Cette palette d’options n’existe pas dans le cadre strictement naturel.
  • Et parfois l’AMP est la seule solution qui te permets de concevoir en toute sécurité, pour toi et ton enfant. Par exemple, pour les couples de femmes et les femmes seules, mais aussi quand l’un des partenaire présente une maladie génétique grave qu’il ne veut pas transmettre à son enfant.

En somme, l’AMP apporte des solutions concrètes là où la nature parfois coince. Elle n’est pas là pour te déposséder de ton projet, mais pour t’aider à le réaliser quand le parcours devient trop ardu. On peut la voir comme une alliée technique qui vient épauler ton/votre amour et ta/votre patience.

Chacun sa place, chacun son moment

Loin d’être incompatibles, ces deux approches peuvent s’articuler dans le temps.
Beaucoup de couples commencent par tout miser sur le naturel pendant un an ou deux, puis se tournent vers la médecine si ça ne fonctionne pas.
D’autres, au contraire, engagent assez vite des examens et un protocole tout en continuant les essais maison entre deux traitements. Il n’y a pas une seule bonne façon de faire. Tout dépend de ton âge, de ta situation personnelle, de ton diagnostic éventuel, et de ton ressenti.

Ce que je veux te faire retenir, c’est que fertilité naturelle et AMP ne sont pas des rivales.
Tu n’as pas à choisir un « camp ». Tu as le droit d’essayer l’une, puis l’autre, ou les deux de front, sans te sentir incohérente.
Chaque approche a ses forces, et tu peux très bien tirer profit des deux successivement ou simultanément.
Par exemple, rien ne t’empêche de préparer ton corps et ton esprit naturellement (alimentation, gestion du stress, etc.) pendant que tu suis une stimulation ovarienne ou que tu prépares une FIV.
L’un n’annule pas l’autre – au contraire, ils se renforcent.

Dans la section suivante, je vais d’ailleurs insister sur ce point crucial : quelle que soit la voie empruntée, se préparer physiquement et mentalement reste un atout décisif.
C’est la clé de voûte d’un accompagnement transversal qui n’oppose pas la nature et la médecine, mais les unit pour ton plus grand bénéfice.

Se préparer physiquement et mentalement : un atout quel que soit le chemin

Que tu mises sur Dame Nature ou sur un coup de pouce médical, ton corps et ton mental restent au cœur de l’équation.
Prendre soin de soi n’est jamais perdu, bien au contraire : cela peut faire la différence tant dans la réussite d’une grossesse naturelle que dans les résultats d’une AMP.
Voici pourquoi il est toujours bénéfique de soigner son hygiène de vie et son bien-être émotionnel pendant un parcours de fertilité.

Le physique : optimiser ta fertilité par ton hygiène de vie

La fertilité, c’est en partie une question de chance, mais aussi une question de conditions.
Or, tu as la main sur un certain nombre de facteurs de mode de vie qui influencent ces conditions.
Par exemple, on sait aujourd’hui que des comportements comme le tabagisme, l’alcool en excès, une mauvaise alimentation ou un indice de masse corporelle trop élevé ou trop bas peuvent affecter négativement la fertilité et réduire les chances de conception .
Une revue scientifique souligne notamment que le surpoids ou l’insuffisance pondérale, la consommation de nicotine ou d’alcool excessif, ou même le sport à haute dose peuvent perturber la fertilité ou diminuer l’efficacité des traitements .
À l’inverse, aucune pilule miracle n’existe, mais adopter un mode de vie sain et équilibré ne peut qu’augmenter tes chances.

Concrètement, cela signifie quoi ?
Sans tomber dans un contrôle obsessionnel, tu peux mettre toutes les chances de ton côté en suivant quelques principes simples :

  • Arrêter le tabac : Le tabagisme est l’un des facteurs les plus délétères pour la fertilité (il avance l’âge de la ménopause et diminue les chances de succès en FIV). Arrêter de fumer améliore la qualité de vos gamètes et celle de l’utérus pour la nidation.
  • Arrêter l’alcool et limiter la caféine : Un verre de vin de temps en temps ne va pas tout compromettre, mais une consommation excessive d’alcool peut perturber l’ovulation et la qualité des spermatozoïdes. Le mieux pour la santé de ton enfant à venir et le protéger est de ne pas en consommer du tout. Il en va de même pour une trop grande quantité de caféine. La modération est votre alliée.
  • Adopter une alimentation équilibrée : Sans suivre de régime strict, veille à apporter à ton corps tous les nutriments dont il a besoin. Une alimentation de type méditerranéenne riche en légumes, fruits, bonnes protéines et acides gras oméga-3 est associée à une meilleure fertilité. N’oublie pas l’acide folique (vitamine B9) en préconception, Ça c’est systématique, comme la vitamine D.
  • Maintenir un poids de santé : L’excès de poids peut déséquilibrer les hormones (par exemple excès d’androgènes) et le manque de poids peut arrêter les cycles ovulatoires. Si besoin, un accompagnement nutritionnel peut t’aider à te rapprocher d’un IMC (indice de masse corporel) favorable à la conception.
  • Bouger régulièrement sans excès : L’activité physique modérée (30 minutes de marche, natation, yoga…) pratiquée plusieurs fois par semaine aide à réguler les systèmes hormonaux, à réduire l’insulino-résistance et le stress. En revanche, le sport intensif quotidien peut parfois perturber l’ovulation, donc trouve le bon équilibre.
  • Éviter les toxiques environnementaux : Certains perturbateurs endocriniens (pesticides, bisphénol A, solvants organiques…) sont suspectés d’affecter la fertilité. Sans te stresser, tu peux par exemple privilégier autant que possible des produits ménagers et cosmétiques plus naturels, une eau filtrée, etc., afin de réduire ton exposition globale.

Tous ces ajustements boostent ta fertilité naturelle, mais ils constituent aussi une excellente préparation si tu entres en PMA.
Tu peux consulter cet article sur les 5 habitudes pour ta santé reproductive.
En effet, des recherches montrent par exemple qu’un programme de vie saine avant une FIV peut augmenter les chances de grossesse (même si l’effet sur les naissances évolutives reste débattu) .
Certaines études suggèrent qu’une perte de poids modérée chez les patientes en surpoids peut améliorer le taux de grossesse, y compris en AMP, même si cela doit être fait prudemment pour ne pas non plus retarder les essais .
Dans tous les cas, préparer ton corps c’est un peu comme préparer la terre avant de semer : c’est bon pour la suite, quelle qu’elle soit.

Et n’oublions pas un point important : prendre soin de son corps, c’est aussi un moyen de reprendre la main, de sentir qu’on agit positivement sur son projet. Cela redonne de la confiance en soi, là où l’infertilité peut donner l’impression subie d’un corps qui « ne suit pas ».

Le mental : garder l’équilibre et le soutien psychologique

Le deuxième pilier, tout aussi crucial, c’est ton bien-être mental et émotionnel.
Un parcours pour avoir un enfant, surtout s’il s’éternise ou passe par la case médicale, peut être éprouvant psychologiquement.
Stress, anxiété, espoirs déçus, obsession du calendrier… Il est normal de passer par des hauts et des bas. Cependant, veiller à ta santé mentale n’est pas un luxe, c’est quasiment une part du traitement.

Pourquoi ?
D’abord parce que ton état d’esprit influe sur ton corps. Le stress chronique, par exemple, peut dérégler l’ovulation ou la spermatogenèse via des cascades hormonales (hausse du cortisol, perturbation de l’axe hypothalamo-hypophysaire…).
Plusieurs travaux ont suggéré que le stress élevé pouvait avoir un effet négatif sur le vécu du parcours AMP et augmenter le risque d’abandon.
Les résultats sont incertains concernant les résultats des FIV en terme de grossesse – même si la relation de cause à effet est complexe à confirmer, nombre de cliniciens encouragent la réduction du stress durant l’AMP . Ensuite, parce que préserver ta santé mentale te permettra de tenir sur la durée.
Mieux tu gères l’anxiété et les émotions, moins tu risques de t’épuiser ou d’abandonner en chemin.
Or, on le sait, beaucoup de couples qui stoppent leur parcours AMP le font par découragement psychologique avant d’avoir épuisé leurs chances médicales.

La bonne nouvelle, c’est qu’il existe aujourd’hui de nombreuses formes de soutien pour t’accompagner mentalement :

  • Groupes de parole ou forums entre patientes : Partager avec d’autres femmes qui vivent la même chose peut briser le sentiment de solitude et de décalage. On se sent comprise, on échange des astuces pour tenir bon. Voici des infos très bien faites du collectif BAMP
  • Thérapie individuelle ou de couple : Consulter un·e psychologue spécialisé·e en infertilité peut vous aider, toi et ton/ta partenaire, à exprimer ce que vous ressentez, à dénouer les tensions, et à trouver des stratégies pour faire face aux épreuves (échecs d’implantation, fausses couches éventuelles, etc.). Il n’y a aucune faiblesse à demander de l’aide, au contraire.
  • Techniques de gestion du stress : Yoga, méditation, sophrologie, acupuncture, relaxation guidée… Toutes ces pratiques douces peuvent t’apporter du calme intérieur, améliorer ton sommeil, et ton stress. Chacune trouve la méthode qui lui convient – l’important est de dégager du temps pour prendre soin de toi et évacuer les tensions.
Yoga et méditation pour apaiser l'esprit en parcours grossesse ou PMA

Enfin, n’oublie pas que tu as le droit de craquer par moments.
C’est un parcours éprouvant, tu n’es pas un robot. Prends des pauses si nécessaire, recentre-toi sur d’autres aspects de ta vie qui te font du bien, et rappelle-toi que ton couple vaut plus que ses résultats reproductifs. Conserve des moments de plaisir à deux, des moments pour toi (une sortie entre amies, une balade en nature…) afin de ne pas être absorbée 24h/24 par le projet bébé.
L’équilibre émotionnel est un facteur intangible mais important de la réussite, ou en tout cas du vécu de l’attente.

Pour ma part, je reconnais pleinement cette dimension : un soutien psychologique pendant l’AMP peut être un vrai plus pour passer les épreuves que tu n’as pas forcément identifiées. Ne vois donc jamais cela comme « à côté » du parcours – c’est partie intégrante du chemin vers la maternité, tout autant que les piqûres ou les courbes de température !

Vers une approche globale, sans culpabilité ni opposition

En conclusion, j’aimerais que tu retiennes ceci :il n’y a pas d’un côté les méthodes naturelles “contre” la PMA. Ce n’est pas une bataille, et tu n’as pas à choisir ton camp comme si l’autre était l’ennemi.
Au contraire, fertilité naturelle et assistance médicale sont les deux faces d’une même médaille – celle de ton projet bébé.
À certains moments, la nature suffira peut-être. À d’autres, la médecine sera la bienvenue.
Et très souvent, c’est la combinaison judicieuse des deux qui ouvrira la voie du berceau tant espéré.

Libère-toi du poids de la culpabilité. Tu n’es pas moins méritante parce que tu envisages une FIV, tout comme tu n’es pas « trop lente » parce que tu veux laisser encore sa chance à Dame Nature.
Il n’y a que toi, ton/ta partenaire et vos désirs qui comptent.
👉Ton chemin vers la maternité est unique, et il t’appartient.
L’important est que tu puisses avancer en étant en paix avec tes choix, éclairée par une bonne information et bien entourée.

La mission de GynécoLibérée est de te donner les clés pour faire ces choix en conscience, sans dogmatisme.
Mon rêve serait que chaque femme en parcours de fertilité puisse bénéficier d’un accompagnement transversal, qui ne soit ni 100% médical techniciste ni 100% « naturel » idéalisé, mais qui pioche le meilleur de chaque monde selon les besoins.
Ce n’est pas être “anti-médecine” que de dire cela, bien au contraire : c’est mettre la médecine à sa juste place, comme un outil formidable au service de votre projet, tout en valorisant ce que toi, en tant que personne, tu peux aussi apporter à l’équation.

Alors, faut-il opposer fertilité naturelle et AMP ? Non ! Mille fois non.
Il faut les réunir, les réconcilier dans ton esprit.
L’une prend le relais de l’autre, l’une renforce l’autre. Ensemble, elles augmentent tes chances et t’offrent une palette plus riche pour devenir mère.
Et surtout, elles te redonnent ta liberté de choix : le choix de tenter tranquillement, le choix de te faire aider, le choix de combiner les deux… sans jamais juger ou minimiser aucune de ces voies.

J’espère t’avoir rassurée sur le fait que recourir à l’AMP n’est ni un échec ni une fin en soi, mais simplement une étape possible d’un voyage plus grand.
Continue à prendre soin de toi, corps et âme, et à croire en ton projet.
Que ce soit par un câlin sous la couette ou sous la lumière d’un bloc opératoire, l’important au bout du compte, c’est le petit cœur qui battra un jour contre le tien.
Et ce jour-là, tu sauras que chaque pas en valait la peine, naturel ou médical. 💞

Études scientifiques sur lesquelles sont basées cet article

  1. Taebi M. et al., 2021 – Stigmatisation de l’infertilité. International Journal of Fertility & Sterility, 15(3), 189-196. Cette étude qualitative menée en Iran a mis en évidence le poids du stigmate chez les femmes infertiles. Celles-ci éprouvent un profond sentiment de honte, une baisse de l’estime de soi et ont tendance à se replier dans le secret pour éviter le jugement social. Les auteurs soulignent l’importance de stratégies pour faire face à cette stigmatisation et protéger le bien-être psychosocial . Lien vers l’article
  2. Rooney K.L. & Domar A.D., 2014 – Impact du mode de vie sur la fertilité. Current Opinion in Obstetrics & Gynecology, 26(3), 181-185. Cette revue de la littérature a examiné comment certains comportements influent sur les résultats en PMA. Elle conclut que plusieurs facteurs de mode de vie peuvent avoir un impact négatif sur la fertilité ou l’issue des traitements : un poids corporel trop élevé ou trop bas, le tabagisme, la consommation excessive d’alcool, l’exercice physique intensif ou encore certains médicaments (antidépresseurs) . Les auteurs insistent sur la nécessité d’accompagner les patients pour améliorer ces habitudes, dans l’optique d’optimiser les chances de réussite en AMP. Lien vers l’article
  3. Domar A.D. et al., 2011 – Programme corps-esprit et réussite de la FIV. Fertility & Sterility, 95(7), 2269-2273. Cet essai contrôlé randomisé a évalué l’effet d’un programme « mind/body » (corps-esprit) de 10 séances, combinant gestion du stress, relaxation et soutien psychologique, chez des femmes entamant leur première FIV. Les résultats ont montré une différence notable lors du second cycle de FIV : 52% de grossesses dans le groupe ayant suivi le programme contre 20% dans le groupe témoin . Les auteurs concluent que la réduction du stress et l’accompagnement psychologique peuvent augmenter significativement les taux de succès en PMA, en plus d’améliorer le bien-être des patientes.
    Lien vers l’article
  4. Lamprou P. et al., 2021 – Stress, soutien psychologique et infertilité. Materia Socio-Medica, 33(1), 60-64. Cette revue systématique (« umbrella review ») de 14 études a exploré l’impact des facteurs psychologiques sur les traitements de fertilité. Si les résultats quantitatifs sur l’effet du stress sur les taux de grossesse sont mitigés, un consensus clair émerge : un soutien psychologique pendant l’AMP est vivement recommandé par les chercheurs et les cliniciens . Offrir aux couples des interventions pour réduire le stress, l’anxiété ou la dépression améliore leur vécu du traitement et pourrait les aider à mieux s’adapter, voire à persévérer suffisamment pour obtenir une grossesse. En pratique, cela plaide pour l’intégration systématique d’un accompagnement mental dans la prise en charge de l’infertilité.
    Lien vers l’article

💌 Envie de mettre toutes les chances de ton côté pour ton futur bébé ?

Tu veux optimiser ta fertilité après 35 ans, mais tu ne sais pas toujours quoi faire (ou ne pas faire) pour vraiment te donner toutes les chances ?

J’ai créé un guide PDF ultra simple, basé sur mon expérience de médecin spécialiste de la fertilité :

Les 7 erreurs qui sabotent ta fertilité après 35 ans — et comment les éviter.

📄 Ça se lit en 10 minutes, c’est concret, sans culpabilité, et ça t’aide à avancer sereinement 💜

* Pas de spam, tu peux te désinscrire à tout moment.

Laisser un commentaire

Retour en haut