Quand consulter pour avoir un enfant après 35 ans ?

Je me souviens de Sorona, 37 ans, qui est venue me voir un jour en consultation, à la fois pleine d’espoir et d’inquiétude.
Elle et son conjoint essayaient d’avoir un enfant depuis plusieurs mois.
Son précédent gynécologue lui avait dit, comme beaucoup, d’« attendre un an » avant de s’alarmer. Sorona avait trouvé ce conseil étrange car elle avait toujours eu des cycles très irréguliers (certains mois sans règles, d’autres avec des saignements prolongés).
Malgré ses doutes, elle a fait confiance et patienté comme on lui a demandé.

Après 1 an, toujours pas de grossesse en vue.
Finalement elle a décidé de me consulter pour un fertilité check up.
L’échographie tout-en-un a révélé qu’elle souffrait d’un syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). Ce trouble hormonal qui perturbait son ovulation.

Elle est parti de notre entretien avec un plan clair et une ordonnance pour son conjoint.
Quelques jours plus tard, le spermogramme concluait à une oligo-asthéno-tératospermie (OATS). C’est-à-dire des spermatozoïdes peu nombreux, peu mobiles et de forme atypique.

En d’autres termes, les deux partenaires avaient des facteurs d’infertilité importants.
« Si seulement on l’avait su plus tôt… », m’a confié Sorona, en colère d’avoir “perdu” un temps si précieux.

Son sentiment est compréhensible : à 37 ans, chaque mois compte dans un projet bébé. L’histoire de Sorona n’est malheureusement pas isolée, et elle illustre une question cruciale.
Après 35 ans, faut-il réellement attendre un an avant de consulter quand bébé se fait attendre ?

Pourquoi attendre un an n’est pas toujours pertinent après 35 ans

Que disent les statistiques

On entend souvent qu’il faut essayer pendant un an avant de tirer la sonnette d’alarme. Cette règle de 1 an s’applique surtout aux couples plus jeunes, lorsque la fertilité est à son apogée.
En effet, la plupart des couples dans la vingtaine conçoivent en moins d’un an.
Par exemple, autour de 25-30 ans, un couple a environ 85% de chances de concevoir naturellement en un an. Mais après 35 ans, la donne change; la fertilité commence à décliner plus rapidement.

Les statistiques montrent qu’à 35 ans, la probabilité de tomber enceinte dans l’année n’est plus que d’environ 66%, et qu’à 40 ans, elle chute à environ 44%.
Autrement dit, à 40 ans moins d’une femme sur deux réussira à tomber enceinte en l’espace d’un an d’essais, contre plus de quatre sur cinq avant 30 ans.

Statistiques er probabilités de tomber enceinte en fonction de l'âge.

Pourquoi ce déclin ?

Principalement à cause de l’âge des ovocytes. Je t’invite à consulter cet article ovocytes et fertilité : quantité ou qualité pour tomber enceinte
Chaque femme « naît avec ses ovocytes » qui vieillissent au fil du temps.
Contrairement aux autres cellules du corps humain, les ovocytes ne se renouvellent pas et subissent les agressions du temps et des expositions toxiques.
Vers 35-37 ans, non seulement il reste moins d’ovules, mais leur qualité chromosomique a diminué. Cela rend la bonne évolution de la grossesse plus difficile.
Par ailleurs, le taux de fausses couches augmente avec l’âge maternel (autour de 40% de risque de fausse couche à 40 ans, contre ~15% dans la vingtaine.
Tout cela explique qu’attendre douze mois complets à 37 ou 38 ans n’a pas le même impact qu’attendre un an à 27 ans.
Un an d’essais infructueux à la fin de la trentaine, c’est du temps potentiellement perdu pendant lequel la fertilité a pu encore décliner.

Les recommandations médicales

Les recommandations médicales actuelles tiennent compte de cette réalité.
Les spécialistes de la reproduction estiment qu’à partir de 35 ans, on ne devrait pas attendre plus de 6 mois d’essais avant de faire un bilan d’infertilité.

👉Autrement dit, si tu as 36 ans et que cela fait déjà six mois que vous essayez sans succès, il est raisonnable de prendre rendez-vous pour en parler avec un·e gynécologue ou sage-femme. Sans culpabiliser d’aller trop vite”.
D’ailleurs, les sociétés savantes ont fixé ce seuil : un an d’essais infructueux si la femme a moins de 35 ans, mais seulement six mois au-delà de 35 ans.
Et plus on avance en âge, plus ce délai raccourcit : après 40 ans, certain·e·s spécialistes conseillent de ne pas attendre plus de 3 mois d’essais infructueux,.
Ne pas hésiter à faire un bilan avant de commencer les essais si tu as 42 ans ou plus, afin d’optimiser tes chances immédiatement.
Ce n’est pas de l’impatience mal placée, c’est du réalisme face au temps qui file.

En outre, attendre un an n’est pas pertinent même avant 35 ans si des signes d’alerte sont présents.

Dans le cas de Sorona, ses cycles très irréguliers auraient dû amener à investiguer plus tôt, car des cycles anarchiques peuvent indiquer un problème d’ovulation comme le SOPK.
D’autres situations peuvent justifier de ne pas attendre passivement pendant des mois.

Si tu te reconnais dans l’un de ces cas, n’attends pas un an pour solliciter de l’aide.
Consulter tôt ne veut pas dire paniquer. C’est au contraire faire preuve de prudence et de prévoyance.
Comme le dit l’adage, « mieux vaut prévenir que guérir » – c’est particulièrement vrai en fertilité.
D’ailleurs, une enquête américaine a révélé que 39% des femmes de 35 ans et plus regrettent, avec le recul, de ne pas avoir essayé d’avoir un enfant plus tôt. Elles auraient agi différemment si elles avaient été mieux informées de l’impact de l’âge.

✅ S’informer et consulter à temps, c’est justement se donner la chance de ne pas avoir de regrets.

Observation, Optimisation, AMP : quelles différences ?

Quand on parle de consulter pour infertilité, on imagine parfois immédiatement les scénarios lourds de FIV ou de traitements hormonaux complexes.
Or, une consultation ne débouche pas forcément sur une procédure médicale invasive.
Il existe plusieurs niveaux d’accompagnement dans un projet bébé, que l’on peut regrouper en trois catégories : l’observation, l’optimisation et l’Assistance Médicale à la Procréation (AMP).
Comprendre ces différences peut te rassurer sur le fait qu’on n’entre pas tout de suite dans une “usine à bébé” lorsque l’on pousse la porte d’un cabinet médical.

L’observation : faire le point sans se précipiter

Observer, c’est évaluer ta fertilité sur un certain temps, de façon encadrée, sans intervention médicale lourde. Concrètement, lors d’une première consultation pour projet bébé après 35 ans, un·e professionnel.le de santé peut proposer de faire un bilan initial :

  • vérifier par une prise de sang certaines hormones (par ex. dosages hormonaux en début de cycle pour évaluer la réserve ovarienne via l’AMH, la FSH, etc., et vérifier que tu ovules bien, par le dosage de la progestérone en phase lutéale),
  • éventuellement faire une échographie pelvienne pour regarder tes ovaires et ton utérus,
  • prescrire un spermogramme pour ton partenaire.

Ces examens de base permettent de dresser un état des lieux.

Bilan sanguin pour doser les hormones

Si tout est normal, loin de te renvoyer chez toi sans rien faire, le·la professionnel.le pourra simplement planifier une surveillance sur quelques mois, par exemple :

  • suivre tes courbes de température,
  • utiliser des tests d’ovulation
  • refaire une échographie à J-12 pendant 2-3 cycles pour s’assurer que tu ovules correctement.

C’est ce qu’on appelle parfois le “wait and see” actif : on n’intervient pas tout de suite, mais on ne reste pas passifs non plus.
Cette approche est fréquente si les premiers résultats sont rassurants ou si l’infertilité est dite “inexpliquée” (pas de cause identifiée) – on se donne alors quelques mois supplémentaires en surveillant de près, puisque parfois, un peu de temps suffit à ce qu’une grossesse survienne spontanément.

Cependant, après 35 ans, cette période d’observation ne s’étire généralement pas trop longtemps.
On évite de “laisser traîner” pendant des mois. On peut par exemple convenir d’une observation de 6 mois, mais avec un point d’étape à mi-parcours.
L’intérêt de la surveillance médicale est aussi psychologique : tu n’es plus seule face à ton attente, tu sais que quelqu’un suit le dossier et que si quelque chose cloche, on le détectera.
C’est assez différent d’une attente de un an “à l’aveugle” sans aucun test.

💡 L’observation apporte du soutien et de la réactivité en cas de besoin.

L’optimisation : agir sur les facteurs modifiables

Par “optimisation”, j’entends toutes les actions que l’on peut entreprendre pour améliorer la fertilité et éviter d’aggraver la situation, en amont ou en parallèle des essais bébé.

👉 Une consultation peut déboucher sur de précieux conseils d’hygiène de vie.

Par exemple, le médecin te rappellera sans doute l’importance d’une alimentation équilibrée, d’un poids santé (ni surpoids ni insuffisance pondérale, car les deux extrêmes peuvent perturber la fertilité), et d’un arrêt de la consommation de tabac, d’alcool et de cannabis.
On pourra t’orienter vers des compléments en acide folique (vitamine B9) et éventuellement en vitamine D, qui sont recommandés en préconception.

Ce sont des mesures préventives classiques pour maximiser tes chances de conception naturelle.

L’optimisation passe aussi par le traitement de petits problèmes qui pourraient gêner une grossesse.
Par exemple, si le bilan révèle un léger déséquilibre thyroïdien, on mettra en place un traitement pour corriger ta thyroïde (un trouble thyroïdien non traité peut compromettre l’ovulation et la nidation).
Si on décèle un fibrome utérin volumineux, on pourra proposer de l’enlever chirurgicalement.
Si ton compagnon a un spermogramme un peu limite, on pourra compléter le bilan chez lui et lui conseiller des compléments antioxydants (comme le zinc, le sélénium, la vitamine C…) pour améliorer la qualité de ses spermatozoïdes, car le stress oxydatif est parfois en cause dans les spermes de moins bonne qualité.

Ce ne sont là que des exemples : l’idée est que consulter permet d’identifier des pistes d’amélioration et de les mettre en œuvre immédiatement, plutôt que d’attendre passivement. Parfois, ces mesures suffisent à débloquer la situation.

L’optimisation englobe aussi la notion de préserver l’avenir.
Après 35 ans, certaines femmes qui ne sont pas encore prêtes à avoir un enfant tout de suite envisagent, par exemple, la vitrification ovocytaire pour mettre toutes les chances de leur côté plus tard.
Si tu es dans ce cas (projet bébé pas tout de suite mais plus tard, alors que l’horloge tourne), en parler à un spécialiste peut te donner des options pour anticiper.
C’est une démarche de précaution de plus en plus courante.
Évidemment, cela sort un peu du cadre “essayer activement maintenant”, mais je le mentionne car consulter tôt peut aussi servir à ça : prévenir plutôt que guérir, en quelque sorte.

L’AMP (PMA) : l’assistance médicale à la procréation

Enfin, le troisième volet, c’est l’AMP (Assistance Médicale à la Procréation), qu’on appelle aussi PMA (Procréation Médicalement Assistée).
Cela regroupe tous les traitements de fertilité comme :

  • l’insémination artificielle (IIU)
  • la fécondation in vitro (FIV), entre autres.

C’est souvent ce à quoi on pense en premier quand on parle de consultation d’infertilité.
En réalité on n’y a recours que si nécessaire.
L’AMP intervient généralement après la phase de bilan et éventuellement après avoir tenté des approches plus simples.
Par exemple, si on a détecté que tu n’ovules pas bien (comme dans le SOPK de Sorona), on commencera souvent par te donner un coup de pouce avec un médicament pour stimuler l’ovulation (par exemple du citrate de clomiphène), sans aller tout de suite en FIV.
Beaucoup de femmes obtiennent une grossesse avec des traitements d’ovulation simples ou une insémination intra-utérine, sans avoir besoin de FIV.
La FIV sera indiquée si les méthodes moins complexes ne suffisent pas ou si la situation le justifie d’emblée.
Par exemple, des trompes obstruées nécessitent de recourir directement à la FIV, car l’ovocyte et le spermatozoïde ne peuvent pas se rencontrer autrement.

💡 Ce qu’il faut retenir ici, c’est que l’AMP comprend différents degrés.
On parle de “PMA” un peu à tort et à travers.
Entre un simple traitement hormonal léger et une FIV avec ICSI, il y a tout un éventail.

L’AMP peut être graduelle.
Et surtout, on n’entre en AMP que si nécessaire et si tu le souhaites.
Personne ne va te forcer à faire une FIV si ce n’est pas justifié.
Dans tous les cas, la décision se prend en couple, avec les médecins, en fonction du diagnostic et de l’urgence.

Consulter ≠ entrer en AMP systématiquement

Beaucoup de femmes hésitent à consulter de peur qu’on les entraîne dans un “parcours AMP” lourd malgré elles.

Ce fantasme est compréhensible : on associe consultation spécialisée et traitements compliqués.

L’exemple de Sorona montre pourtant que consulter ne signifie pas automatiquement démarrer un protocole d’AMP. Dans son cas, si elle avait consulté plus tôt, cela aurait surtout permis de poser un diagnostic (SOPK + facteur masculin OATS) et de commencer par des mesures simples : lui donner un traitement pour ovuler régulièrement et à son conjoint quelques conseils ou compléments pour améliorer son sperme.
Ce n’est qu’ensuite, si ces mesures n’avaient pas suffi, qu’on aurait pu envisager une AMP.

Venir parler de ses difficultés à concevoir, c’est avant tout obtenir une évaluation diagnostique.
Parler à un médecin après 35 ans au bout de 6 mois d’essais infructueux ne veut pas dire s’engager dans un traitement lourd ou renoncer aux essais naturels.
👉 C’est simplement “avoir une discussion avec un spécialiste pour passer en revue les facteurs qui pourraient freiner tes chances de tomber enceinte. En un mot, faire le point.

D’ailleurs, tu seras peut-être surprise : parfois, le·la professionnel te dira que tout est parfaitement normal et te conseillera de continuer les essais naturellement encore quelques mois.
Avoir un avis médical peut aussi servir à ça : se rassurer que tout va bien, plutôt que de passer des nuits blanches à cogiter.

💡Consulter n’est pas synonyme d’acharnement médical, c’est synonyme de prise en charge.

Si un problème est détecté, il sera traité de la manière la plus adaptée (qui n’est pas forcément la FIV !).
Et si aucun problème n’apparaît, tu auras au moins la certitude que tu peux poursuivre tes essais sans danger à court terme, ce qui allège la pression psychologique.

Il faut savoir aussi que chaque couple infertile est un cas particulier.
La palette des situations est large : infertilité inexpliquée, troubles de l’ovulation, endométriose, facteur masculin, etc., souvent même plusieurs facteurs combinés.
D’où l’importance d’un bilan personnalisé.
On découvre parfois que monsieur a un petit souci et madame aussi.
Dans environ un tiers des cas, l’infertilité est attribuable à la femme, un tiers aux facteurs masculins, et un tiers mixte ou indéterminé.
👉 Alors autant le découvrir tôt pour adapter la stratégie : ce n’est pas toujours la femme qui “doit se dépêcher” ou le seul élément à considérer – consulter permet de penser la fertilité à deux, en équipe.

Enfin, n’oublions pas un point essentiel : consulter tôt peut éviter d’en arriver à des solutions extrêmes.
Si une intervention médicale s’avère nécessaire, il vaut mieux la réaliser à 36-37 ans qu’à 42 ans.
Par exemple, les taux de réussite en FIV diminuent fortement avec l’âge de la femme – environ 40% de chances de succès vers 38-40 ans, mais seulement ~23% après 41 ans.
Donc, dans les cas où une AMP serait nécessaire, la probabilité d’avoir un bébé est bien meilleure si on s’y prend plus jeune.
Vu sous cet angle, consulter tôt, c’est aussi se donner la possibilité, si besoin, de recourir à des traitements avec plus de chances de réussite.
Et parfois, cela permet d’éviter l’AMP : on voit des couples qui, après un an d’échecs, n’auraient eu d’autre choix qu’une FIV, mais qui en consultant à 36 ans ont pu bénéficier d’une solution intermédiaire (par ex. une insémination ou une simple stimulation) qui a fonctionné.

Consulter = reprendre de la clarté (et du pouvoir) sur ton projet

Au-delà des aspects médicaux, il y a un bénéfice énorme à consulter : c’est de reprendre la maîtrise de ton projet bébé.
Quand on attend mois après mois sans résultat, on peut se sentir impuissante, subissant son horloge biologique.
Chaque cycle apporte son lot d’espoir puis de déception, avec l’impression de stagner dans l’incertitude.

Prendre rendez-vous pour faire un bilan, c’est déjà une action concrète que tu poses.
C’est en quelque sorte reprendre les commandes au lieu de subir.

Que va-t-il se passer lors de cette consultation ?

On va mettre les cartes sur table : vérifier que tout est en ordre ou, le cas échéant, mettre en lumière le ou les obstacles.
Dans tous les cas, tu en sortiras avec une vision plus claire de la situation.
Parfois, savoir que tout va bien suffit à relâcher un peu la pression. On sous-estime l’effet du stress !.
Parfois, découvrir un problème permet d’arrêter de se blâmer ou de se torturer l’esprit.
Il y avait une raison, ce n’est pas “dans ta tête”.
Sorona, par exemple, s’est sentie soulagée de comprendre pourquoi ça ne marchait pas.
Elle s’était même demandé si elle ne “s’y prenait pas bien” ou si elle avait trop attendu avant de vouloir un enfant.
Apprendre son SOPK et l’infertilité de son conjoint a enlevé ce poids de culpabilité et leur a permis de passer en mode solution plutôt que de ressasser le “Pourquoi nous ?”.
Certes, ils étaient en colère du délai, mais aussi soulagés de mettre un mot sur leurs difficultés.

Consulter est un gain de temps

Consulter, c’est aussi gagner du temps dans le sens où tu sauras vite à quoi t’en tenir.
Soit on te dit “Rien d’inquiétant, continuez, ça va venir”. Dans ce cas, tu pourras aborder les prochains mois plus sereinement.
Soit on décèle quelque chose et tu pourras commencer à le prendre en charge immédiatement.

👉 Dans les deux cas, tu avances plus vite que si tu étais restée dans l’attente passive.

C’est un acte de lucidité : tu regardes les choses en face, avec l’aide de professionnels, au lieu de croiser les doigts en espérant que le temps joue en ta faveur.
✅ “35 ans, ce n’est pas les nouveaux 25 ans pour la fertilité”.
Autrement dit, il faut être lucide sur le temps qui passe – mais lucide ne veut pas dire paniqué.
C’est même tout le contraire : en faisant le point tôt, on désamorce l’urgence.
On évite de se retrouver à 40 ans à court de temps et forcée de prendre des décisions précipitées.

Consulter est un acte d’empowerment

En clair, consulter tôt, c’est un acte d’empowerment.
Cela ne veut pas dire que tu te lances tête baissée dans des traitements, ni que tu “baisses les bras” sur le naturel – non, cela veut dire que tu prends soin de ton projet de manière proactive.
Tu te donnes toutes les informations pour réussir, tu fais équipe avec les soignants, et tu évites de rester seule avec tes questions.
Quoi qu’il en soit, cette démarche ne t’enlèvera rien – ni le plaisir d’essayer naturellement, ni le temps que tu peux encore te donner.
Au contraire, elle peut te donner des clés pour accélérer l’arrivée de ce bébé tant désiré, ou simplement la tranquillité d’esprit en cours de route.

En conclusion

Pour finir sur une note personnelle : j’ai vu de nombreuses femmes de 36-38 ans ressortir de consultation avec le sourire aux lèvres, non parce qu’on leur a fait une promesse (en fertilité on ne peut jamais promettre un bébé, hélas), mais parce qu’elles avaient retrouvé un sentiment de contrôle et d’espoir.
Certaines m’ont dit : “Je me sens soulagée, j’y vois plus clair, j’ai un plan”.
Et quelques mois plus tard, beaucoup reviennent enceintes – parfois naturellement, parfois avec un petit coup de pouce – mais dans tous les cas ravies d’avoir osé franchir la porte tôt.

En résumé : après 35 ans, consulter tôt n’est pas un aveu d’échec, c’est au contraire faire preuve de clairvoyance.

Ce n’est pas un acte d’urgence paniquée, c’est un acte de prévention et de pouvoir que tu poses pour toi-même et ton futur enfant. Tu mérites d’être soutenue dans ton projet bébé, et le temps est un allié précieux lorsqu’il est bien utilisé. Alors n’aie pas peur de demander de l’aide ou juste un avis – ton horloge biologique, elle, n’attend pas, alors toi non plus, n’attends pas pour prendre soin de ton rêve de maternité.

Pour aller plus loin 📚 (références scientifiques)

  • Domar et al., 2021“Barriers and factors associated with delays to initial consultation and treatment”. Enquête internationale (9 pays) auprès de 1944 personnes concernées par l’infertilité.
    Résultat : les couples attendent en moyenne 2 ans d’essais avant de chercher un traitement et 3,2 ans avant un diagnostic, des délais bien supérieurs aux recommandations.
    Les auteurs concluent que ces retards significatifs réduisent probablement les chances de grossesse, et encouragent à lever les barrières (désir d’enfant synchronisé, coût, etc.) pour consulter plus tôt.
    Lien vers l’article
  • Steiner et al., 2016“Impact of female age on fecundity in an older reproductive age cohort”.
    Étude prospective sur 960 femmes de 30 à 44 ans essayant de concevoir.
    Elle montre que le taux de grossesse cumulative en 12 mois diminue fortement avec l’âge : environ 76% des femmes de 36-37 ans ont été enceintes en un an, contre seulement ~54% des femmes de 40-41.
    Le temps médian pour concevoir passe de 3-4 mois avant 38 ans à plus de 12 mois après 42 ans.
    Cette étude illustre concrètement la chute de fertilité après la trentaine avancée.
    Lien vers l’article
  • Hudecova et al., 2009“Long-term follow-up of PCOS patients: reproductive outcome”.
    Suivi à long terme de 91 femmes atteintes de syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) comparées à 87 témoins saines, toutes âgées d’au moins 35 ans.
    Résultats encourageants : parmi celles qui avaient essayé d’avoir un enfant, 86,7% des femmes avec SOPK ont eu au moins un enfant, un taux proche des 91,6% du groupe témoin.
    De plus, ~74% des SOPK ayant eu un enfant l’ont conçu spontanément (sans FIV).
    Les auteurs suggèrent que malgré des difficultés d’ovulation, les femmes SOPK conservent souvent une bonne réserve ovarienne et finissent majoritairement par concevoir, avec ou sans aide.
    Un message d’espoir pour les patientes SOPK – un diagnostic précoce et une prise en charge adaptée peuvent les aider à réaliser leur projet bébé.
    Lien vers l’article
  • Cavallini, 2006“Male idiopathic oligoasthenoteratozoospermia”.
    Revue scientifique sur l’oligo-asthéno-tératospermie idiopathique (OATS), l’une des principales causes d’infertilité masculine. On y apprend que l’OATS idiopathique touche environ 30% de l’ensemble des hommes infertiles.
    Ce chiffre rappelle que les facteurs masculins sont fréquents dans l’infertilité du couple.
    L’article passe en revue les causes possibles (stress oxydatif, anomalies génétiques, infections silencieuses, désordres hormonaux subtils…) et les traitements évalués (antioxydants, carnitine, traitements hormonaux…), soulignant l’importance de prendre en charge le versant masculin.
    En pratique, cela signifie qu’un bilan précoce du partenaire masculin est tout aussi crucial après 35 ans : identifier et traiter un facteur masculin (par exemple via des antioxydants qui améliorent la qualité spermatique) peut augmenter les chances de conception du couple.
    Lien vers l’article
  • NICE & ASRM Guidelines (2013-2015) – Recommandations officielles britanniques (NICE) et américaines (ASRM) concernant l’évaluation de l’infertilité liée à l’âge.
    Elles stipulent qu’après 35 ans, les bilans de fertilité doivent être initiés plus tôt qu’à l’accoutumée.
    L’American Society for Reproductive Medicine (ASRM) préconise ainsi de commencer les investigations après 6 mois d’essais infructueux chez la femme ≥35 ans (au lieu de 12 mois si <35).
    Ces guidelines s’alignent sur le constat du déclin de la fécondité avec l’âge et visent à ne pas perdre de temps précieux avant de proposer une aide médicale.
    En clair : “35 is the new 12 (months)”, passé cet âge on ne patiente pas un an entier avant d’agir.
    Lien vers l’article

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